700.000 rénovations, 9 millions de PAC : le pari colossal de la SNBC 3

Dernière ligne droite. Le gouvernement a lancé la consultation publique sur le projet de décret relatif à la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3). Révisée tous les cinq ans, cette feuille de route fixe les jalons de la décarbonation en France jusqu’en 2050. Dans le bâtiment, résidentiel ou tertiaire, elle dessine un avenir fondé sur la rénovation énergétique, l’électrification des usages et la sortie accélérée des énergies fossiles. Dix chiffres clés pour bien comprendre les enjeux.

-61 % : la chute attendue des émissions du bâtiment d’ici 2030

Le secteur résidentiel et tertiaire doit réduire ses émissions directes de gaz à effet de serre de 61 % en 2030 par rapport à 1990 (37 % par rapport à 2023). À l’horizon 2050, la SNBC 3 vise une décarbonation quasi complète du secteur avec une réduction de 97 % des émissions.

9 millions de pompes à chaleur dès 2030

L’objectif a été martelé au plus haut sommet de l’État : la pompe à chaleur doit devenir la norme en matière de chauffage. La France comptait trois millions d’équipements en 2023, la SNBC vise 9 millions en 2030, avec un rythme d’installation d’un million d’unités par an. Made in Europe de préférence.

À l’horizon 2050, plus de 20 millions d’équipements seraient en service, dont environ la moitié constituée de PAC air/eau.

700.000 rénovations énergétiques chaque année

D’ici à 2030, la SNBC 3 vise 700.000 rénovations de logements par an. Ces travaux devront permettre au minimum un gain de deux classes au DPE.

Parmi elles, 250.000 rénovations d’ampleur concerneraient chaque année des logements classés E, F ou G. Dans le scénario de référence, le nombre de passoires thermiques F et G diminuerait de 75 % entre 2023 et 2030 avant de disparaître presque totalement du parc en 2040. À terme, l’objectif est connu: un parc résidentiel classé A, B voire C en 2050.

350.000 chaudières gaz remplacées chaque année

La SNBC prévoit de réduire d’au moins 20 % le parc de chaudières gaz dans les logements d’ici 2030 toujours par rapport à 2023. Avec près de 10 millions de chaudières gaz aujourd’hui dans le résidentiel, le gouvernement envisage un rythme soutenu : environ 350.000 remplacements par an. À l’horizon 2050, la majorité de ces équipements aura disparu et le gaz ne représenterait plus qu’environ 10 % du mix énergétique des résidences principales.

-60 % : le fioul en voie d’extinction

Le gouvernement vise également une réduction de 60 % du parc de chaudières fioul dès 2030 et par rapport à 2023. Pour y parvenir, environ 250.000 équipements doivent être remplacés chaque année. A la fin de la décennie, il ne resterait ainsi plus que 1,2 million de chaudières au fioul dans le résidentiel. La SNBC évoque même une « sortie presque complète » de cette énergie dès 2035.

– 85% : le tertiaire aussi doit tourner la page des énergies fossiles

Dans le secteur tertiaire, la trajectoire est tout aussi marquée. Les surfaces chauffées au fioul doivent diminuer de 85 % à horizon 2030 par rapport à 2020. Le gaz est aussi dans le viseur avec une réduction de 17 % des surfaces tertiaires chauffées par cette énergie sur la même période.

5,8 millions de logements raccordés aux réseaux de chaleur

Les réseaux de chaleur constituent l’un des piliers de la stratégie. La SNBC table sur 5,8 millions de logements raccordés dès 2035, soit près de quatre fois plus qu’aujourd’hui. Avec un rythme d’environ 350.000 nouveaux raccordements par an, le parc atteindrait 6,7 millions de logements en 2050.

-10 % : la sobriété comme troisième levier

La transition ne repose pas uniquement sur la rénovation et l’électrification. La SNBC mise également sur la sobriété énergétique. Le gain attendu est de 7 % en 2030 (par rapport à 2020), puis à nouveau 10 % d’ici à 2050. Le scénario prend également en compte les effets du changement climatique, qui devraient entraîner une baisse des besoins de chauffage de 5 % à l’horizon 2030 et de 10 % en 2050.

2,8 millions de personnes à former

La transition bas-carbone est aussi un défi de compétences. Tous secteurs confondus, près de 2,8 millions de personnes devront être formées d’ici 2030. Dans le seul bâtiment, près de 190.000 emplois supplémentaires pourraient être créés à l’horizon 2030.

Jusqu’à 39 milliards d’euros d’économies

Au-delà de l’enjeu climatique, la SNBC 3 met en avant les bénéfices économiques de la décarbonation. Selon ses estimations, l’électrification des usages et la réduction de la consommation d’énergies fossiles permettraient d’économiser entre 22 et 39 milliards d’euros par an grâce à la baisse des importations d’énergie. Un enjeu majeur quand on sait que la facture énergétique de la France atteignait encore 57,8 milliards d’euros en 2024, principalement liée aux importations d’énergies fossiles.

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