Confort d’été : un nouveau critère pour choisir son logement ?

Et si le confort d’été devenait lui aussi un critère de choix immobilier ? L’idée pouvait sembler incongrue il y a encore quelques années. Avec les canicules à répétition, elle s’impose désormais dans les esprits. Et selon un récent sondage Ipsos, la capacité d’un logement à rester supportable lors des fortes chaleurs devient un critère de plus en plus important pour les Français.

Deux tiers des Français se disent aujourd’hui préoccupés, un peu ou beaucoup, par les conséquences des vagues de chaleur, pour eux-mêmes ou pour leurs proches. Une inquiétude qui traverse tous les territoires. Si 73 % des habitants du pourtour méditerranéen se déclarent préoccupés, la proportion reste cependant élevée dans les régions du nord de la France où elle atteint encore 60 %.

L’étude « Les Français face au réchauffement des villes », réalisée par Ipsos, illustre combien le sujet gagne en importance été après été. Les épisodes de chaleur extrême affectent directement le quotidien : troubles du sommeil pour une large majorité des répondants, fatigue inhabituelle, sensation permanente de chaleur, transpiration excessive… Plus de six Français sur dix, quelle que soit leur région de résidence, s’attendent d’ailleurs à subir un inconfort encore plus marqué dans les années à venir.

Des logements pas toujours adaptés

Cet inconfort est souvent attribué au logement lui-même. Ainsi, 36 % des Français estiment que leur habitation ne les protège pas suffisamment de la chaleur pendant la journée. La même proportion partage ce constat pour les nuits estivales. Le sentiment est encore plus marqué dans les logements construits entre 1945 et 1979 : 46 % de leurs occupants jugent leur logement insuffisamment protecteur le jour et 43 % la nuit.

Que l’on souffre de la chaleur, ce n’est pas pour autant que les Français songent massivement à déménager. S’éloigner de la ville, poser ses valises dans une région plus tempérée, ils sont encore une minorité à l’envisager. Mais cette minorité n’est plus anecdotique. Parmi les moins de 35 ans, un tiers envisage de déménager vers un logement moins vulnérable aux fortes chaleurs. Près d’un quart des CSP+ se disent également prêts à quitter leur région pour bénéficier d’un climat estival plus clément.

A travers le DPE, la performance énergétique, l’isolation, la facture énergétique se sont imposés parmi les principaux critères de sélection d’un logement. Le confort d’été semble suivre la même trajectoire. Aujourd’hui, 57 % des Français considèrent déjà la vulnérabilité d’un logement face à la chaleur comme un critère important dans le choix d’une future résidence. La proportion grimpe à 65 % sur le pourtour méditerranéen, mais reste élevée partout ailleurs, atteignant encore 49 % en Île-de-France ou en Normandie.

Le DPE face au défi du confort d’été

Cette évolution renvoie directement à la question du DPE. Depuis 2021, le diagnostic intègre un indicateur de confort d’été sous forme d’un smiley vert, orange ou rouge. Celui-ci est calculé à partir de plusieurs paramètres : isolation de la toiture, présence de protections solaires extérieures sur les baies vitrées, inertie du bâtiment, caractère traversant du logement ou encore présence de brasseurs d’air.

Cet indicateur a sans doute le mérite d’exister, mais il reste souvent simpliste. Une étude publiée en 2024 avait d’ailleurs mis en évidence de nombreuses imprécisions dans l’évaluation du confort d’été réalisée par le DPE.

Le confort d’été demeure un angle mort du DPE, le diagnostic demeurant d’abord calibré pour la performance énergétique durant la saison froide. Le Cercle Promodul a d’ailleurs récemment plaidé pour intégrer dans les outils de diagnostic un véritable « indicateur de vulnérabilité thermique estivale ».

Une orientation qui semble rejoindre les réflexions engagées par les pouvoirs publics. Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) prévoit en effet une évolution de la méthode 3CL afin de mieux prendre en compte le confort d’été. À mesure que les canicules deviennent plus fréquentes et plus intenses, la question n’est donc plus seulement de savoir combien un logement consomme en hiver, mais aussi dans quelles conditions il permettra de vivre l’été. Et demain, cette information pourrait peser aussi lourd dans la décision d’achat que les besoins de chauffage durant l’hiver.

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