Et la première place revient… au logement. Encore. Loin devant l’alimentation ou les transports, il représente 28 % de la dépense des ménages. En 2025, quelque 621 milliards d’euros ont été consacrés au logement. Les Français dépensent toujours plus pour leur logement, mais paradoxalement construisent et rénovent de moins en moins.
Se loger coûte cher. Très cher même. La dépense nationale en logement atteint ainsi 620,7 milliards d’euros, en progression de 0,4 % sur un an. Elle représente 21,2 % du PIB. Mais derrière ce chiffre vertigineux, le dernier compte du logement du Service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique, laisse apparaître un paradoxe.
L’argent consacré au logement sert d’abord à faire fonctionner le parc existant, alors que les sommes consacrées à son renouvellement et à son amélioration reculent. Les dépenses courantes des occupants atteignent ainsi 454,3 milliards d’euros, en hausse de 1,9 %. À l’inverse, l’investissement dans le logement diminue de 4,4 % en 2025. Autrement dit : la France dépense davantage pour ses logements qu’elle n’investit pour préparer ceux de demain.
Le neuf décroche, la rénovation marque le pas
Le signal est particulièrement net du côté de la construction. L’investissement dans le logement neuf chute de 14,4 % en 2025. Le nombre de logements mis en chantier tombe à 269.700, 25 % de moins qu’avant la crise Covid. Dans le même temps, le parc continue de progresser, mais à un rythme historiquement faible : 38,5 millions de logements fin 2025, avec une croissance limitée à 0,6 % sur l’année. Le SDES souligne qu’il s’agit du rythme de croissance le plus faible depuis quarante ans.
Et le ralentissement du neuf qui se confirme encore en 2026 n’est pas vraiment compensé par un effort massif sur le parc existant. Les dépenses consacrées aux travaux d’entretien et d’amélioration atteignent près de 67 milliards d’euros en 2025. Certes, elles ont progressé de 36 % depuis 2019. Mais sur la dernière année, elles stagnent quasiment : +0,2 %. Plus préoccupant encore, le SDES relève une baisse des volumes de travaux, après plusieurs années de progression. Autrement dit, la hausse en valeur ne traduit pas une hausse de l’activité mais plutôt une évolution des prix.
Le constat est donc paradoxal : la France dispose d’un parc qui vieillit, construit moins de logements neufs et doit améliorer la performance d’une partie de son parc existant. Pourtant, l’investissement dans les travaux marque le pas.
Le coût du logement, lui, continue de grimper
Pourtant, le coût d’occupation du parc continue d’augmenter. En tête du palmarès, les loyers qui représentent à eux seuls 319,7 milliards d’euros en 2025 et progressent de 2,9 %. Plus que l’inflation donc. L’énergie pèse encore 63,5 milliards d’euros, malgré un recul de 3,6 % après deux années de très fortes hausses. La dépense d’eau atteint 13,4 milliards, en progression de 7,3 %, tandis que l’assurance habitation augmente de 7,7 %. À cela s’ajoutent les prélèvements liés au logement : 103,4 milliards d’euros, en hausse de 4,9 %.
Le logement reste ainsi le premier poste de consommation des ménages pesant 28 % de leurs dépenses de consommation, quasiment pareil qu’une décennie auparavant, mais deux fois plus si on remonte aux années 1960.
C’est finalement ce paradoxe qui ressort du Compte du logement 2025. La France consacre plus d’un cinquième de sa richesse au logement, mais l’investissement recule. Le neuf décroche, les travaux dans l’existant stagnent et les volumes de gros travaux diminuent. Alors même qu’il faudrait investir davantage dans le parc existant pour que demain, se loger coûte moins cher.

