Le DPE a (déjà) vingt ans. L’occasion de jeter un œil dans le rétro. A travers les quelques archives exhumées, on mesure le chemin parcouru. D’un diagnostic né dans une quasi indifférence à un diagnostic qui déchaîne parfois les passions, et devient même un sujet pour les politiques dans leurs course à l’Élysée.
Petit effort de mémoire, c’était à l’automne 2006. Le DPE devenait obligatoire à la vente. Dans les reportages en prélude à son lancement (1er novembre 2006, on le rappelle), le nouveau diagnostic était surtout présenté comme un outil pédagogique. A lui de faire prendre conscience aux propriétaires et aux acquéreurs de la performance énergétique de leur logement.
Vingt ans plus tard, revoir ces images a quelque chose de savoureux. Dans les reportages exhumés, on explique son fonctionnement, on découvre l’étiquette énergie, on suit le diagnostiqueur dans un logement. Le DPE doit informer et sensibiliser. Bref, rendre visible ce que l’on ne regardait pas encore. A l’époque, personne n’imagine encore sérieusement que l’étiquette de couleur comme celle que l’on trouve sur les frigos devienne aussi déterminante sur le marché immobilier. Faut dire que l’expression même de « performance énergétique » n’était pas encore très parlante pour le grand public.
Et c’est justement là que l’on mesure l’apport du diagnostic. Vingt ans ont passé. Le DPE a beaucoup changé, son influence dépasse désormais largement la simple information de l’acquéreur. Il pèse sur la valeur des logements, il conditionne leur location et s’est imposé comme l’un des principaux instruments de la politique de rénovation énergétique.
Surtout, le DPE est désormais parfaitement identifié et scruté. Au point que le diagnostiqueur immobilier se retrouve parfois réduit à ce seul diagnostic. Revers de la médaille, avec cette notoriété sont venues aussi les critiques. Méthode de calcul contestée, résultats discutés, étiquettes jugées injustes : le DPE et son diagnostiqueur sont régulièrement égratignés, parfois accusés de tous les maux du marché immobilier.
Quel contraste avec les images de 2006. À l’époque, le DPE avait une ambition finalement très modeste : informer et sensibiliser. Faire prendre conscience d’une mauvaise isolation, d’un simple vitrage, d’une consommation excessive afin, éventuellement, de déclencher des travaux d’amélioration. Sur ce point, il a plutôt bien réussi. Vingt ans après, le DPE ne laisse décidément plus personne indifférent. Finalement, il a atteint son objectif : plus personne n’ignore aujourd’hui ce qu’est une passoire thermique.

