L’affaire n’a pas traîné. Annoncé au printemps, mis en consultation durant l’été, l’arrêté entérinant le nouvel abaissement du CEP vient d’être publié. Au 1er janvier 2027, le coefficient de conversion de l’électricité passera donc de 1,9 à 1,7. Avec, à nouveau, plusieurs centaines de milliers de logements qui bénéficieront d’une étiquette plus généreuse, sans travaux.
Rebelote. Malgré une majorité d’avis défavorables lors de la consultation publique — 78 sur 110 — le gouvernement a maintenu son projet. Après être passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, le coefficient d’énergie primaire (CEP), qui permet de convertir la consommation d’énergie finale en énergie primaire dans le calcul du DPE et de l’audit énergétique, baisse donc à nouveau. Deux dixièmes qui devraient provoquer une nouvelle valse des étiquettes.
300.000 passoires énergétiques en moins
Les grands gagnants restent, une nouvelle fois, les logements tout électriques. Ceux qui usent exclusivement d’électricité pour se chauffer et produire leur eau chaude. Mécaniquement, la nouvelle valeur améliorera leur classement énergétique, sans que leur consommation réelle ni leurs caractéristiques intrinsèques n’aient changé le moins du monde.
Le ministère a fait ses petits calculs. Selon la fiche d’impact, environ 300.000 logements sortiront des classes F et G en abaissant le CEP de 1,9 à 1,7. Dans le détail, 200.000 logements quitteraient la classe F et 100.000 la classe G. Plus de 35 % des passoires chauffées à l’électricité seraient ainsi concernées.
Dans le parc locatif privé, l’association CLCV estime de son côté que 125.000 passoires pourraient sortir des classes F et G. Une évolution loin d’être neutre pour les bailleurs concernés, puisque le changement d’étiquette peut notamment avoir des conséquences sur les règles de location et de gel des loyers.
Les étiquettes des DPE actualisées gratuitement
Comme lors des précédents changement, aucun besoin de refaire son DPE. Après tout, seule l’étiquette évolue, les données renseignées dans le diagnostic restent strictement identiques. L’arrêté prévoit la possibilité d’obtenir gratuitement une nouvelle attestation d’étiquette pour les DPE et audits énergétiques réalisés depuis 2021, via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe. La validité du diagnostic demeure la même.
Pour le diagnostiqueur, il faudra donc à nouveau expliquer au client comment un logement peut gagner une classe énergétique sans avoir réalisé les moindres travaux. Comment l’audit énergétique qui était nécessaire pour vendre, ne le sera peut-être plus après le 1er janvier. Une pédagogie qui finit par mettre à rude épreuve la crédibilité du DPE : à force de modifier le calcul, l’étiquette évolue alors même que le logement, lui, ne bouge pas.
D’autant que le gouvernement n’a peut-être pas fini de modifier le CEP. Le nouveau coefficient constitue la borne basse autorisée par l’Europe. Impossible pour le moment de descendre en dessous de 1,7. Pour le moment… Car le gouvernement songe à aller plus loin. Dans son plan d’électrification présenté au printemps, il évoquait l’hypothèse d’un CEP électricité ramené à 1, comme pour le fioul ou le gaz. Histoire de pousser un peu plus encore à l’électrification des usages dans le logement.

