Le gouvernement va encore réformer le DPE. Annoncé dès le printemps à l’occasion de la présentation du Plan Électrification, un nouvel abaissement du coefficient d’énergie primaire (CEP) de l’électricité est désormais sur les rails. Le projet d’arrêté vient d’être soumis à la consultation publique, avec une entrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2027.
Figé durant plusieurs décennies, le coefficient d’énergie primaire n’en finit plus de baisser. 2,58 des années 1970 jusque 2021, puis 2,3, aujourd’hui 1,9 et demain, à partir du 1er janvier 2027, 1,7. Cette évolution n’a rien d’une surprise. Dès le printemps, le gouvernement avait annoncé son intention de corriger une nouvelle fois le CEP lors de la présentation de son Plan Électrification. L’objectif est clairement affiché : « soutenir l’électrification des usages dans le secteur du bâtiment » en réduisant le handicap dont souffre historiquement l’électricité dans le calcul du DPE.
Concrètement, de nombreux logements chauffés à l’électricité devraient bénéficier de cette nouvelle réforme. Lors de la précédente révision, entrée en vigueur en janvier 2026, près de 800.000 logements classés F ou G avaient automatiquement quitté le statut de passoire énergétique, sans qu’aucun travaux ne soient réalisés.
Combien seront concernés cette fois ? Le gouvernement n’a pas fourni d’estimation officielle pour le moment. Mais les premières projections évoquent toutefois deux à quatre millions de logements susceptibles de voir leur consommation conventionnelle diminuer suffisamment pour gagner une classe énergétique.
Des centaines de milliers de passoires en moins
Les grands gagnants devraient, une nouvelle fois, être les logements chauffés à l’électricité et actuellement classés F ou G. Selon les premières estimations, 300.000 à 500.000 logements pourraient sortir du statut de passoire énergétique.
Comme lors de la réforme de 2026, les propriétaires n’auront pas à refaire leur diagnostic. Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 conserveront leur durée de validité de dix ans. Une nouvelle étiquette pourra être téléchargée gratuitement depuis l’Observatoire DPE de l’Ademe.
On le sait, l’électricité reste pénalisée par un facteur de conversion en énergie primaire supérieur à celui du gaz ou du fioul, tous deux fixés à 1. Lors de la présentation du Plan Électrification, le ministère avait d’ailleurs indiqué vouloir, à terme, rapprocher le coefficient de l’électricité de celui des autres énergies. Une évolution qui supposerait toutefois une modification de la réglementation européenne qui fixe actuellement un plancher à 1,7 pour les États membres.

