C’était dans les tuyaux. Le gaz va totalement sortir de la construction neuve. La décision, annoncée dès le printemps avec le plan d’électrification, sera mise en œuvre dès 2027. Elle vient s’ajouter à la batterie de mesures déployées depuis quelques mois pour accélérer la sortie des énergies fossiles.
Installer une chaudière gaz seule, dans le neuf était déjà proscrit depuis 2022 dans l’individuel, 2025 dans le collectif. Mais il demeurait encore possible d’avoir des équipements au gaz en appoint ou des chaudières hybrides. On oublie. Dès le 1er janvier 2027, le gaz rejoint le fioul et se trouve désormais totalement banni du logement neuf, avec le décret du 12 septembre.
Même si le texte n’interdit pas formellement le gaz, les exigences de performance environnementale qu’ils fixe auront le même effet. Dans les constructions neuves, il est ainsi interdit d’installer un équipement (chauffage, refroidissement ou production d’eau chaude) dont les émissions de gaz à effet de serre sont supérieures à 79 g/kWh, ce qui correspond au seuil réglementaire d’émissions de l’électricité. Exit le gaz, donc. Deux exceptions sont toutefois tolérées pour les équipements de raccordement à un réseau de chaleur ou de froid et les équipements utilisés en secours.
Tout l’arsenal anti-gaz est mobilisé
Le gaz sort donc du neuf, et pas que du neuf. On voit bien que dans l’ancien, la tendance amorcée depuis quelques années connaît elle aussi une brutale accélération, avec une mobilisation de tout l’arsenal anti-gaz : de l’impossibilité de bénéficier de certaines aides, CEE ou MaPrimeRénov’, pour une rénovation d’ampleur lorsque cette bonne vieille chaudière demeure, à la possibilité désormais de remplacer une chaudière gaz vieille d’à peine quelques années.
Le gaz n’est plus en odeur de sainteté, avec une politique désormais clairement assumée. Le plan d’électrification présenté au printemps fixait déjà le cap. La France ambitionne notamment un million de pompes à chaleur installées chaque année d’ici 2030. Et la SNBC3 prévoit, elle, de réduire d’au moins 20 % le parc de chaudières gaz entre 2023 et 2030, soit environ 350.000 foyers par an.
À ce rythme, le parc de chaudières gaz va mécaniquement se retrouver réduit à peau de chagrin. Les logements neufs n’en accueilleront plus. Les rénovations seront de moins en moins nombreuses à les conserver. Les aides poussent à leur remplacement et certains territoires commencent à travailler à leur sortie. Dix millions de chaudières aujourd’hui, il ne devrait en rester que deux à horizon 2050, selon les projections officielles.
Avec, par ricochet, des conséquences aussi sur l’activité des diagnostiqueurs. Inexorablement, le nombre de diagnostics gaz devrait s’étioler dans l’avenir. Sans disparaître complètement, il devrait suivre la même courbe et se voir réduit à sa portion congrue.

