Les passoires énergétiques disparaissent petit à petit. Selon les statistiques officielles dévoilées en novembre, au 1er janvier 2025, la France comptait exactement 327.000 logements en F et G de moins qu’un an auparavant. Moins de passoires ne veut pas forcément dire que le parc s’est amélioré : les évolutions sans cesse apportées à la méthode DPE ont aussi leur grande part de responsabilité.
Le DPE ne sert pas qu’à vendre ou louer. Grâce aux quatre millions de diagnostics compilés chaque année, les petits génies de la statistique peuvent mesurer l’évolution du parc immobilier année après année.
Bilan de la dernière livraison, sur ses 30,9 millions de résidences principales, la France compte encore 3,9 millions de passoires énergétiques (12,7% du parc). C’est 327.000 de moins qu’en 2024, 836.000 de moins que deux ans auparavant. Dans le détail, c’est la classe G qui connaît la plus forte décrue avec 267.000 logements en moins, dont 53.000 considérés comme les « pires passoires » avec une consommation dépassant 450 kWh/m².
La baisse pas forcément synonyme de progrès
Les chiffres sont cependant à prendre avec des pincettes. Qu’un logement ne soit plus classé en F ou G, ne signifie pas forcément qu’il a été rénové, qu’il est mieux isolé, doté d’un meilleur chauffage, etc. « Près de 40 % de la baisse par rapport au 1er janvier 2024 est imputable à la réforme du calcul du DPE pour les petites surfaces », prévient le ministère de la Transition écologique. A l’été 2024, le gouvernement avait en effet corrigé la méthode de calcul du DPE jugée trop pénalisante pour les petits logements avec une surface de moins de 40 m². Mécaniquement, nombre d’entre eux ont ainsi gagné une classe énergétique sans pourtant avoir réalisé les moindres travaux.
De la même manière, la révision du CEP (Coefficient d’énergie primaire) de l’électricité au 1er janvier 2026 entraînera « une baisse du nombre de passoires énergétiques au sein du parc de résidences principales d’environ 700.000 logements supplémentaires », annoncent les auteurs de l’étude. Autrement dit, en l’espace d’un an, les réformes successives du DPE auront permis de « gommer » près d’un million de passoires.
On aimerait y voir les fruits de la rénovation énergétique, mais la baisse du nombre de passoires ne traduit donc pas nécessairement une amélioration réelle de la performance énergétique du parc. Le SDES demeure extrêmement prudent : « L’interprétation de l’évolution à la baisse du nombre de passoires énergétiques reste délicate. Elle peut refléter une amélioration réelle de la performance énergétique du parc (augmentation des logements neufs peu énergivores, destruction ou travaux de rénovation énergétique dans les logements anciens) mais aussi d’éventuels effets de comportement tant des diagnostiqueurs que des propriétaires. »

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