C’est une préoccupation croissante au fil des sécheresses. Plus d’une maison individuelle est aujourd’hui exposée au phénomène RGA (retrait-gonflement argile) en France. Le risque argile pèse déjà lourd sur la facture des indemnisations des catastrophes naturelles: plus de 3 milliards d’euros pour la seule année 2022. Et ce n’est pas fini. Face à ce fléau, l’État déploie une nouvelle aide afin d’encourager les ménages à effectuer des travaux de prévention.
Le retrait-gonflement d’argile est appelé à prospérer avec le réchauffement climatique, mais il n’est pas inéluctable. Pour éviter de coûteux dégâts liés au retrait-gonflement d’argile (RGA), des solutions existent. Par exemple, en veillant à une meilleure gestion des eaux pluviales aux abords de l’habitation, en intervenant sur les fondations, en gérant la végétation alentour… L’idée est de prévenir le mouvement de rétractation et de réhydratation des sols à l’origine de fissures dans le bâti.
Problème, le coût de ces travaux préventifs n’a rien d’anodin, même s’il se révèle très souvent inférieur au coût des réparations à la suite d’une sécheresse. La loi de finances 2025 prévoyait le déploiement d’une aide à titre expérimental. Un décret et un arrêté publiés juste avant la chute du gouvernement Bayrou précise les contours de cette expérimentation limitée à une dizaine de départements (l’Allier, les Alpes-de-Haute-Provence, la Dordogne, le Gers, l’Indre, le Lot-et-Garonne, la Meurthe-et-Moselle, le Nord, le Puy-de-Dôme, le Tarn et le Tarn-et-Garonne).
Jusque 15.000 euros de subventions pour des travaux
Plusieurs conditions doivent être réunies : le bâtiment doit être âgé au moins de quinze ans, il ne doit exister aucune mitoyenneté, la maison ne pas avoir été victime d’un sinistre RGA indemnisé plus de 10.000 euros depuis 2015, ne pas comporter plus de deux niveaux, être occupée au titre de la résidence principale… Et forcément, le logement doit être bâti dans une zone d’aléa fort au risque argile. S’il coche toutes les cases, le propriétaire peut alors solliciter une aide via un formulaire dédié et la plateforme Démarches Simplifiées.
La subvention couvre à la fois les études préalables, comprenant le diagnostic de vulnérabilité et l’assistance à maîtrise d’ouvrage, ainsi que les travaux de prévention à proprement parler. Il peut s’agir réparer les fuites sur un réseau d’eau, d’installer un écran anti-racine, de protéger les remblais autour de la maison avec une membrane d’imperméabilisation… L’expérience prévoit une dizaine de travaux adaptés selon la situation de la maison pour prévenir le risque RGA.
A quelle hauteur l’État finance-t-il ces travaux ? Tout dépend des revenus. Les textes publiés en début de semaine reprennent la classification existante pour les aides à la rénovation énergétique de l’Anah (Agence nationale de l’habitat). Pour les ménages dits « très modestes », l’aide peut couvrir jusqu’à 90% du montant des études avec un plafond de 2.000 euros et 80% du montant des travaux avec plafond de 15.000 euros. Pour les ménages « modestes » et « intermédiaires », jusqu’à 70% et 50% du montant des travaux peuvent également être pris en charge. Rien en revanche pour les ménages aux revenus supérieurs.
Aussitôt publié, aussitôt en vigueur. Les propriétaires peuvent déjà solliciter cette aide. A condition d’habiter un département couvert par l’expérimentation et de cocher toutes les cases. L’expérimentation est aussi limitée dans le temps puisque la loi de finances 2025 prévoyait une enveloppe de 30 millions d’euros alloués à cette aide. Premiers arrivés, premiers servis.

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