Coup de tonnerre. Le gouvernement s’apprête à réduire une nouvelle fois le périmètre de MaPrimeRénov’. En ligne de mire : les travaux monogestes. Selon les informations du Parisien, confirmées par le ministère de la Ville et du Logement auprès de l’AFP, plusieurs équipements et travaux seraient bientôt exclus des aides: poêles à bois, isolation toiture, ventilation…
C’est une volonté gouvernementale, affichée depuis de longs mois que de recentrer MaPrimeRénov’ sur les rénovations d’ampleur. Un premier coup de canif avait déjà été donné début 2026 avec la suppression des aides pour l’isolation des murs ou encore les chaudières biomasse installées seules.
Un nouveau tour de vis
Cette fois, le coup de rabot s’annonce encore plus sévère. L’État envisage de supprimer les aides pour le remplacement des fenêtres, l’isolation des combles ou des toits, l’installation d’une ventilation, l’installation de poêles à bois ou granulés, l’installation de chauffe eau et chauffage solaires, l’installation de pompes à chaleur dédiée à la seule production d’ECS. Tous ces travaux resteraient éligibles aux aides, mais uniquement lorsqu’ils s’inscrivent dans une rénovation globale permettant un gain énergétique significatif.
Poêles à bois, isolation des combles ou remplacement des fenêtres figuraient pourtant parmi les gestes les plus populaires de MaPrimeRénov’. La rénovation monogeste se retrouverait ainsi réduite à sa portion congrue. Resteraient essentiellement éligibles les pompes à chaleur air/eau, la géothermie, le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid, la dépose d’une cuve à fioul ainsi que la réalisation d’un audit énergétique hors obligation réglementaire.
Le pari assumé de la rénovation globale
Le ministère assume pleinement ce nouveau tour de vis. Il revendique « un choix de responsabilité : concentrer l’argent public sur les rénovations les plus efficaces ». L’exécutif souhaite également limiter les rénovations partielles qui, faute d’une approche globale, peuvent conduire à des impasses techniques ou à des performances énergétiques décevantes.
Le calendrier s’accélère. Un projet de décret et un projet d’arrêté doivent être présentés au Conseil national de l’habitat au début du mois de juillet, avec une entrée en vigueur envisagée dès le mois de septembre. Cette nouvelle évolution confirme la transformation progressive de MaPrimeRénov’. Lancé pour encourager tous les ménages à engager des travaux, le dispositif devient désormais un levier presque exclusivement tourné vers les rénovations d’ampleur. Une orientation cohérente avec les objectifs de décarbonation du parc immobilier, mais qui risque aussi de priver de nombreux propriétaires d’un premier pas vers la rénovation énergétique.

