Pompe à chaleur : le « leasing social » disponible dès octobre

Installation PAC

« L’électrification ne doit pas rester un concept », selon la ministre chargée de l’Énergie, Maud Bregeon. Après les retentissantes annonces du printemps, le temps de l’action. Mardi, lors d’une réunion de l’Équipe de France de l’électrification, le gouvernement a ainsi précisé les modalités de l’offre « clés en main » pour doper l’installation de PAC et accélérer la sortie des énergies fossiles.

Objectif affiché, 9 millions de PAC d’ici la fin de la décennie, plus de 20 millions à horizon 2050. La pompe à chaleur doit devenir la norme dans le logement, martèle depuis des semaines le gouvernement. Parmi les 22 mesures du plan d’électrification présenté en avril figurait ainsi une offre de financement souvent qualifiée de « leasing social », par analogie avec celui des véhicules électriques.

Une mensualité, sans avance de trésorerie

Mardi, le gouvernement a précisé les contours de ce dispositif. Les principes restent ceux édictés au printemps : aucune avance de trésorerie, aucune augmentation de la facture énergétique pendant la période de remboursement.

Concrètement, les ménages bénéficieront d’une mensualité unique intégrant l’installation de la pompe à chaleur, sa maintenance, le financement du reste à charge et, éventuellement, la fourniture d’électricité. Les aides publiques, qu’il s’agisse de MaPrimeRénov’ ou des certificats d’économies d’énergie (CEE), seront déduites dès le départ.

Il ne s’agit toutefois pas d’un leasing au sens strict : contrairement à une location avec option d’achat, le ménage devient immédiatement propriétaire de son équipement. L’objectif est avant tout de lisser le coût de l’investissement sur plusieurs années afin que les économies réalisées compensent les mensualités. La durée de remboursement évoquée est de trois ans, avec une condition sine qua non: la facture globale ne devra pas dépasser celle acquittée jusque-là pour un chauffage au gaz ou au fioul.

Pour le moment, l’expérience restera cependant limitée. Le gouvernement vise (seulement) 25.000 ménages, en priorité les foyers modestes qui se chauffent aujourd’hui avec cette bonne vieille chaudière à énergie fossile. L’offre devrait ensuite monter progressivement en puissance pour contribuer à l’objectif d’un million de pompes à chaleur installées chaque année à l’horizon 2030. Le financement concernera uniquement les PAC air/eau, tandis que les pompes à chaleur air/air les plus performantes continueront de bénéficier d’un soutien via une TVA réduite.

Les premiers opérateurs attendus à l’automne

Comment Monsieur et Madame Tout-le-Monde pourront-ils accéder à cette offre alléchante ? Patience. L’Ademe a lancé mardi l’appel à projets destiné à sélectionner les opérateurs qui proposeront cette offre intégrée. Le cahier des charges impose une prestation complète comprenant la conception du projet, la fourniture et l’installation d’une PAC air/eau, le financement du reste à charge, la maintenance ainsi que, le cas échéant, la fourniture d’électricité. Les candidats pourront également proposer une garantie de performance énergétique.

Si le calendrier est tenu, les premiers opérateurs pourraient être labellisés dès la mi-septembre, pour une commercialisation des premières offres à compter du 1er octobre. L’appel à projets restera ensuite ouvert jusqu’au 1er mai 2027, avec plusieurs vagues de sélection afin d’élargir progressivement le dispositif.

En facilitant le remplacement des chaudières au gaz et au fioul, cette offre devrait cependant accélérer les projets de rénovation énergétique. De quoi conforter le rôle du DPE et de l’audit énergétique, qui permettent d’identifier les logements où le changement de système de chauffage sera le plus pertinent et d’en mesurer les gains énergétiques.

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