Recul du trait de côte : une application pour mieux voir venir la mer

Recul du trait de côte

Un millier de bâtiments menacés dès 2028. Plus de 5.000 logements en 2050, presqu’un demi-million de biens à l’horizon 2100 selon les scénarios du Cerema. Moins perceptible que les canicules à répétition, le recul du trait de côte est une autre conséquence inéluctable du changement climatique. Pour renforcer l’information et la sensibilisation du public, l’État vient justement de lancer une nouvelle application : « Le littoral de ma commune ».

Est-ce que ma maison finira un jour les pieds dans l’eau ? A quel point ma commune est-elle exposée à l’érosion côtière ? Quelles sont les prévisions de montée du niveau de la mer ? Développée par le Cerema à la demande du ministère de la Transition écologique, l’application « Le littoral de ma commune » rend l’ensemble des connaissances disponibles désormais accessibles à quiconque.

L’outil compile la data produite par plusieurs organismes publics de référence, comme l’Office national des forêts (ONF), l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ou encore le Conservatoire du littoral. Le résultat : un tableau de bord synthétique couvrant les 1.029 communes littorales de métropole, de Corse et d’Outre-mer.

L’application ne se limite pas au front de mer, elle intègre également les territoires estuariens et les zones basses susceptibles d’être concernées par les effets conjugués de l’érosion côtière et de la montée des eaux.

Voir demain pour mieux s’adapter aujourd’hui

À partir de cartes, graphiques et chiffres-clés, quiconque peut visualiser l’évolution du littoral de sa commune depuis les années 1950. Près de 30 km² de terres, l’équivalent de 4.000 terrains de football ou d’une ville comme Lille, ont déjà disparu sous l’effet de l’érosion. Et le phénomène s’accélère: aujourd’hui, près de 20 % des côtes françaises sont en recul.

L’application ne se borne pas à la simple projection du trait de côte à la fin du siècle. Elle permet aussi d’entrevoir les enjeux humains, sociaux et environnementaux. Une façon de rendre concrète une menace souvent perçue comme lointaine, alors même que certaines communes doivent déjà adapter leur urbanisme face à l’avancée de la mer. « Elle constitue un nouvel outil de sensibilisation, de pédagogie et de dialogue autour des enjeux littoraux liés au changement climatique pour différents publics » selon le Cerema.

L’enjeu est loin d’être anecdotique. Aujourd’hui, un Français sur huit vit dans une commune littorale et le pays compte près de 5,5 millions de logements en bord de mer. À mesure que le changement climatique s’accélère, la question n’est donc plus seulement de savoir si le littoral va évoluer, mais comment les territoires concernés vont s’y adapter.

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