Diagnostic immobilier : la représentation se structure

Diagnostic immobilier

Ça bouge sur le front de la représentation des diagnostiqueurs. En quelques jours, deux nouvelles structures viennent de se positionner dans un paysage professionnel pourtant déjà fourni. Deux organisations de plus? Non, justement. L’objectif affiché est plutôt de faire en sorte que la parole des diagnostiqueurs soit à l’avenir moins dispersée.

Car à parler tous ensemble, on n’entend plus personne. Ces derniers mois, le diagnostic immobilier a parfois renvoyé une image de cacophonie, avec sa foultitude d’organisations professionnelles, toujours plus nombreuses. Tellement nombreuses, d’ailleurs, qu’on peut légitimement s’interroger sur leur représentativité réelle.

On va peut-être y voir plus clair désormais. Lancé à la mi-septembre, Nous Diagnostiqueurs – Le Syndicat est issu du rapprochement de l’ANDI et de la FNDI. Le syndicat entend rassembler les diagnostiqueurs certifiés, indépendants comme salariés ou dirigeants. Ses fondateurs revendiquent une organisation construite « par ceux qui exercent le métier » et souhaitent notamment porter une parole collective auprès des pouvoirs publics.

Quelques jours plus tard, l’Alliance du Diagnostic Immobilier, Filiance et Sidiane annonçaient à leur tour la création de l’UFD3I, littéralement l’Union des Fédérations du Diagnostic Immobilier, des Infrastructures et de l’Industrie. Cette nouvelle structure se veut une organisation « chapeau ». Sans remplacer les organisations qui la composent, elle doit porter les sujets communs et permettre aux trois fédérations de « parler d’une seule voix ».

L’UFD3I annonce déjà plusieurs chantiers : certification et assurance, qualité et responsabilité, observatoire de la donnée, entraide entre professionnels et accompagnement des évolutions réglementaires. Elle indique rassembler plus de 4 000 diagnostiqueurs, issus de structures de toutes les tailles.

Vers une profession moins dispersée ?

Les deux démarches ne sont donc pas identiques. L’une se construit autour d’un nouveau syndicat de diagnostiqueurs en partant de quasi rien; l’autre autour du rapprochement de trois fédérations historiques, déjà bien implantées. Mais toutes deux répondent à la même problématique : comment donner davantage de poids à la représentation d’une profession particulièrement éclatée ?

Lors des Assises du diagnostic immobilier, en mai dernier, les échanges avaient notamment porté sur la représentativité et les différentes formes que pourrait prendre une organisation nationale. Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun avait alors évoqué la nécessité de pouvoir « parler d’une seule voix », tout en reconnaissant l’existence de différences et de nuances entre les acteurs.

La représentation de la profession commence à se dessiner. Pas nécessairement autour d’une organisation unique comme on aurait pu l’espérer, mais peut-être autour de deux pôles, un peu comme la FFB et la Capeb dans le bâtiment.

Il faudra encore mesurer la capacité de ces nouvelles structures à rassembler au-delà de leurs organisations fondatrices, et surtout leur reconnaissance par les pouvoirs publics. Dans un contexte où la profession est malmenée — et pas uniquement sur le front du DPE — la question de la représentativité a pris beaucoup de place et d’énergie ces derniers mois. Au moins, dans ce nouveau paysage, on peut espérer qu’elle soit désormais tranchée.

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