Sécheresse, nos maisons ne vont pas aimer

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Début mai, et déjà la sécheresse qui s’installe dans le pays. Nous ne sommes pas au bout de nos peines, le temps sec et chaud a de grandes chances de se poursuivre durant l’été, selon les prévisions de Météo France. De quoi favoriser les phénomènes de retrait gonflement d’argile (RGA) et alimenter, encore, des inquiétudes.

Les sécheresses coutent cher. Selon une étude de l’expert en assurance Saretec, le coût annuel moyen est ainsi passé de 231 millions d’euros sur la période 2001-2015, à 885 millions d’euros sur la période 2016-2020. Belle inflation, mais le record devrait vite tomber cependant. Car si les sécheresses coûtent de plus en plus cher, c’est aussi parce qu’elle sont de plus en plus fréquentes.

C’est bien simple, “sur les 11 épisodes RGA les plus coûteux depuis 30 ans, les cinq dernières années sont concernées : 2016, 2017, 2018, 2019 et l’année 2020 dont les premières estimations évaluent à plus de 1 milliard d’euros les coûts des dommages”, explique un récent rapport de France Assureurs, l’ex-fédération française de l’assurance. “Pour la sixième fois en dix ans, la France a connu au cours de l’année 2020 une sécheresse de grande ampleur.”

10,4 millions de maisons menacées

Plus cher, plus fréquent, le phénomène RGA gagne aussi du terrain en France. “Limité à l’origine à certains territoires, il concerne aujourd’hui toutes les régions métropolitaines et plus de la moitié du parc de maisons individuelles”, explique la Cour des comptes dans un rapport de février 2022. Sur les 19,2 millions de maisons individuelles aujourd’hui recensées en France métropolitaine, 10,4 millions se trouvent situées en zone d’exposition moyenne ou forte.

Et la situation n’est prête de s’améliorer. Réchauffement climatique oblige, les épisodes de sécheresses vont se multiplier et toujours selon France Assureurs, “le montant des sinistres pourrait tripler et atteindre 43 milliards d’euros en cumulé d’ici 2050. Cinq départements seraient particulièrement concernés : la Haute-Garonne, la Gironde, les Bouches-du-Rhône, le Tarn-et-Garonne et le Tarn.”

Au point même de mettre en péril l’actuel régime d’indemnisation des catastrophes naturelles. D’autant que les phénomènes de retraits-gonflements d’argiles ne devraient pas être les seuls à profiter du réchauffement climatique.

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