Un DPE confort d’été attendu d’ici quelques mois

Canicule

Été après été, c’est de plus en plus criant : notre parc résidentiel résiste souvent très mal aux fortes chaleurs. Interpellé sur le sujet à l’Assemblée nationale, le ministre du Logement a promis de nouveaux outils. Avec, d’ici quelques mois, un « DPE confort d’été » et peut-être une nouvelle lettre pour mieux informer les Français.

Vous avez chaud dans votre logement ? Eh bien demain, ce sera pire encore! Car notre parc reste très souvent mal préparé pour affronter les canicules à répétition promises d’ici à la fin du siècle. Neuf logements sur dix ne seraient pas adaptés, selon une récente étude de Pouget Consultants et du syndicat Ignes. Et cela vaut pour le bâti ancien comme pour le bâti récent, même lorsque la maison est sortie de terre il y a à peine quelques années.

Le confort d’été demeure un angle mort du DPE. Certes, depuis 2021, il existe bien un indicateur dans le diagnostic, combinaison de cinq critères et présenté sous forme de smiley. Un peu sommaire, forcément imprécis, il apparaît déjà largement obsolète face au réchauffement climatique. Car le DPE reste « centré sur les performances hivernales », comme l’a rappelé Daniel Labaronne, mercredi dans l’hémicycle. Le député d’Indre-et-Loire, actuellement à la manœuvre sur la structuration de la filière du diagnostic immobilier, a interpellé le ministre de la Ville et du Logement, lors des questions au gouvernement. « Nous devons poursuivre les efforts engagés pour renforcer la qualité du DPE, sa fiabilité, et mieux intégrer les enjeux de confort d’été, ce qui renforcera la confiance des Français dans cet outil. »

Le confort d’été bientôt aussi visible que la performance énergétique ?

Message reçu. Mercredi, à l’Assemblée nationale, le ministre de la Ville et du Logement a annoncé une meilleure prise en compte du confort d’été dans le diagnostic. « Nous devons prévoir une nouvelle indication, une nouvelle lettre, pour le confort d’été, explique Vincent Jeanbrun. Nous y travaillons actuellement, en vue de présenter, d’ici quelques mois, un DPE confort d’été informant nos concitoyens des performances du logement l’hiver comme l’été. »

L’idée n’est franchement pas nouvelle. Le chantier est même dans les tuyaux depuis quelque temps. Le PNACC3, ou Plan national d’adaptation au changement climatique, prévoyait déjà de faire évoluer l’indicateur de confort d’été du DPE, notamment en prenant mieux en compte la localisation du bâtiment. Au printemps 2025, Valérie Létard, alors ministre du Logement, avait d’ailleurs annoncé des travaux sur le sujet.

On ne part pas de zéro. Le Cerema s’est déjà penché sur la question avec son projet RITE, destiné à mieux caractériser et mesurer l’inconfort thermique dans les bâtiments. Reste à savoir quelle forme prendra précisément ce futur « DPE confort d’été ». L’ambition est claire : disposer d’une information plus juste et plus précise sur le comportement du logement face aux fortes chaleurs. Et pourquoi pas, demain, lui offrir la même visibilité que la performance énergétique dès la petite annonce immobilière ? La piste figure déjà dans le PNACC 3.

Après tout, le confort d’été est en passe de devenir un critère immobilier à part entière. Selon un récent sondage Ipsos, plus d’un Français sur deux (57 %) considère déjà la vulnérabilité d’un logement face à la chaleur comme un critère important dans le choix d’une future résidence.

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