In DPE Veritas : sept idées reçues sur le diagnostic

dpe-achat-immobilier

On dit que, il paraît que… On entend beaucoup de choses sur le DPE et la rénovation énergétique. La dernière fournée du baromètre DPE de la Chambre des diagnostiqueurs de la Fnaim livre quelques vérités et casse au passage quelques idées reçues.

1. Les logements anciens sont pénalisés par le DPE. VRAI.

On a beaucoup entendu les associations patrimoniales monter au créneau ces derniers mois pour dénoncer un DPE trop injuste avec les bâtiments anciens, construits dans la première moitié du XXe siècle et même avant.

C’est vrai, la preuve par les chiffres. Plus de de six logements sur 10 construits avant 1948 écopent d’une étiquette E, F ou G, avec donc, une obligation de rénovation dans les dix prochaines années lorsqu’ils sont proposés à la location. L’explication est à rechercher dans la méthode de calcul 3CL qui ne rend pas suffisamment compte des spécificités du bâti ancien.

2. Un logement chauffé au fioul est forcément une passoire. FAUX.

Le chauffage au fioul pénalise lourdement le DPE. C’est une volonté délibérée du législateur qui veut en finir avec les énergies fossiles et ambitionne de remplacer trois quarts des chaudières au fioul d’ici à 2030. Mais cela ne veut pas dire que toute maison avec un chauffage au fioul est forcément mal classée.

En fait, selon le baromètre DPE de la CDI Fnaim, (seulement) 51% des biens chauffés aujourd’hui au fioul sont classés en F et G.

3. On trouve de moins en moins de DPE en F ou G. VRAI.

Les chiffres parlent d’eux même. Depuis son lancement en 2022, le baromètre de la Chambre des diagnostiqueurs enregistre une lente érosion du parc de passoires thermiques. C’est simple, au 3e trimestre 2022, 17,2% des DPE donnaient une étiquette F ou G. Quatre trimestres plus tard, la proportion est tombée à 14,2.

La politique de rénovation énergétique porterait-elle ses fruits ? L’explication est tentante. Mais si la proportion de passoires baisse, ce n’est pas forcément le fruit de travaux, c’est aussi parce que les DPE sont mieux préparés selon la Chambre des diagnostiqueurs. Les clients fournissent de plus en plus des documents (factures, notices, etc.), les techniciens recourent de moins en moins à des valeurs par défaut forcément pénalisantes, et mécaniquement, donc, le bilan des consommations et des émissions de gaz à effet de serre s’en trouve amélioré.

4. Plus c’est petit, plus le DPE affiche une mauvaise classe. VRAI.

Les petites surfaces sont en effet défavorisées dans l’actuelle méthode de calcul du DPE. La faute -entre autres- à des chauffe-ballons électriques qui sont souvent mal dimensionnés dans les petits logements. Oui, un cumulus de 150 litres dans un studio d’étudiant de 15m² à peine va fortement pénaliser la note.

Mais tout ce qui est petit n’est pas forcément mal classé. 55% des logements avec une surface de moins de 30m² sont ainsi classés E, F et G selon le baromètre des DPE de la CDI Fnaim. C’est plus que les autres logements.

5. Plus c’est haut, plus on rencontre de passoires énergétiques. ENCORE VRAI.

L’altitude compte aussi dans le savantissime calcul du DPE. Et les logements de montagne se trouvent effectivement pénalisés. La proportion de DPE F et G, n’est que de 13,6% en dessous de 400 mètres, elle grimpe à 20,6% pour une altitude comprise entre 400 et 800 mètres, et culmine même à 32,5% pour les logements perchés à plus de 800 mètres. Dans les stations de ski, la proportion de logements énergivores peut ainsi atteindre des sommets avec près de la moitié du parc classé en F et G.  

6. Plus on monte au nord, plus on rencontre de DPE en F et G. FAUX.

C’est bien connu. Dans le nord ou dans l’est, les hivers sont terribles, les gens souffrent du froid, et il faut chauffer plus. Dans la suite des clichés, on s’attend aussi parfois à y rencontrer de nombreuses passoires thermiques. Faux. Ce ne sont pas nécessairement les contrées septentrionales et orientales qui comptent le plus de passoires.

Dans le palmarès dressé par le baromètre DPE, on s’aperçoit qu’il s’agit plutôt de zones rurales. Ainsi parmi les départements qui affichent le plus de passoires énergétiques F et G, on trouve sur le podium la Creuse, le Cantal et la Lozère avec une proportion de passoires thermique qui flirte ou dépasse les 40% !

7. Un logement neuf est forcément classé en A (voire en B). FAUX.

Faux, archi faux. Même un logement construit selon la dernière réglementation RE2020 n’obtient pas à coup sûr une étiquette A. Par exemple sur 80.000 DPE neufs produits au cours du deuxième trimestre 2023, le baromètre de la CDI Fnaim compte 43% d’étiquettes A, 15% d’étiquettes B, et 41% d’étiquettes C.

Autre enseignement du baromètre, les logements construits après 2022, affichent parfois aussi des étiquettes moins flatteuses comme du D, voire du E.

Le baromètre DPE de la Chambre des diagnostiqueurs de la Fnaim.

1 Rétrolien / Ping

  1. Presque 400.000 passoires thermiques en moins en 2023, mythe ou réalité ? • infodiag

Laisser un commentaire